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Une étagère remplie de boîtes de médicaments et de comprimés, y compris KARDEGIC, Pivalone, Molsidomine, Ino, et Bisoprolol, dans une pharmacie.

Jusqu’au bout de nos souffrances

Un jardin urbain avec des arbres, une fontaine vide, une allée pavée, et des immeubles de grande hauteur en arrière-plan sous un ciel nuageux.

Mirza, gangster life à la kurde

Un homme âgé, avec une barbe grise, portant un bonnet noir, un blouson en cuir avec doublure en shearling, et un t-shirt avec des étoiles, se tient devant un arrière-plan de broussailles et de branches d'arbres dénudés, dans un environnement extérieur.

Exil : dernière étape

Projet en cours — Recherche de financement

Année 06/06/2024

Jusqu’au bout de nos souffrances

Radioscopie de la douleur

Homme en uniforme médical debout dans un hôpital, portant un badge et avec un mur en arrière-plan indiquant des directions dans un hôpital.

Julien Dulou aide-soignant aux Urgences adultes au d’un grand hôpital de Bordeaux, depuis août 2016. Trente-cinq ans, pacsés et papa d’une petite fille. Il a fait un BEP carrière sociale et sanitaire et a commencé par un bac service milieu territoire (SMS). À 19 ans, il va à l’école des aides-soignants. Son début de carrière en tant que soignant, il le commence à l’hôpital Haut-l'Évêque. Quelques années plus tard, il finira par démissionner à cause de la surcharge de travail et du manque de moyen. Ensuite, il est passé par de l’intérim dans un grand hôpital de Bordeaux. Il est passé par le bloc opératoire et le service psychiatrique entre autres. Sa souffrance est d’abord physique. Il marche près de 18 km chaque jour dans les couloirs de l’hôpital. Il raconte que, des fois, il faut lever des patients bien plus lourd que lui, ce qui amène pas mal de douleur au niveau du dos… Il a le dos cassé et voûté. Julien exprime des maux de dos incessants et qu’il a dû avoir recours à des séances chez l’ostéopathe. Sa souffrance est aussi psychologique. L’aide-soignant porte la lourde charge des problèmes à l'hôpital, il souffre des maux qu’inflige de travailler dans une institution aussi peu respectée par ses dirigeants… mais aussi par certains patients. Il a vu, à de multiples reprises, des patients agresser violemment des soignants, cela l’a marqué. Pour “soulager” ses nombreuses douleurs, il s’est syndiqué, depuis deux ans, et est le porte-parole de Sud-Solidaire santé. Plusieurs fois dans le mois, il fait ce que l’on appelle “des délégations” au local sud-solidaire de l’hôpital Saint-André.

Vue d'un bâtiment historique visible par une ouverture de porte en métal, avec un ciel nuageux au-dessus, des scooters garés devant, et des barrières de sécurité en premier plan.
Un homme portant un masque facial étiquette des documents sur une table dans une salle de classe ou de réunion.
Salle d'hôpital vide vue depuis la porte, avec un lit d'hôpital et une fenêtre sur le mur de fond.
Portrait en noir et blanc d'un homme portant un uniforme médical avec un badge.

Bastien Lamoulie, 28 ans, ancien infirmier dans un grand hôpital de Bordeaux, est en pleine reconversion professionnelle, il fait des études pour devenir anesthésiste. Il revient sur sa première année d’étude d'anesthésiste et relativise sur ses anciennes conditions de travail. Il fait alors état du système éducatif et du système de santé. Conclusion, pas grand-chose ne va, il explique que la profession est désertée par les cerveaux français, car les formations de la santé sont peu attractives et qu’elles ne sont pas assez rémunérées à leur juste valeur. Il ajoute que les conditions d’exercice du métier de soignant se sont encore désagrégées, mais que cela ne date pas d’hier. 

Groupe de quatre personnes assises autour d'une table en intérieur, portant des masques faciaux, travaillant sur des ordinateurs portables. Fenêtre derrière eux révèle des bâtiments et un arbre sans feuilles.
Un homme joue au basketball sur un terrain extérieur, sa main envoie le ballon vers le panier, sous un ciel nuageux.
Une femme âgée assise, tenant une fleur, portant un t-shirt rayé et un collier avec une montre. L'arrière-plan comporte des arbres et des feuilles en plein air.

Augusta Duprat Cais, 93 ans, vie seule depuis que son mari s’est éteint des suites d’un AVC en 2011. Italienne et originaire de la province de Treviso à Santa Lucia di Piave, elle a fui la dictature mussolinienne. Plus tard, elle rencontre son mari au début des années 50. Et se marie peu de temps après à Alphonse Duprat, qui était maçon de profession. Elle a eu trois enfants et a maintenant, quatre petits enfants, un cinquième en préparation. Avant d’être à la retraite, elle a fait plusieurs boulots, notamment celui d’assistante maternelle auprès d’enfants en difficulté. Du haut de son grand âge, elle s’occupe de son petit jardin dans sa cour. Patates, courgettes, tomates et herbes pour la cuisine. Elle vient les arroser une à deux fois par jour. Elle souffre de “partout”, elle a mal au dos, mal à la tête, mal au ventre, mal au bras gauche…

Une étagère remplie de boîtes de médicaments en français, notamment Kardegic, Pivalone, Molsidomine, et Bisoprolol. La majorité des boîtes ont des textes en français et des indications médicales.
Une personne âgée regarde par une fenêtre avec volets en bois, la main sur le verre, au sein d'un mur en pierre.